Une fin d’année sous tension, une profession à saturation

Le 2 juin 2019 sur BFMTV, notre ministre déclarait à propos de la rémunération des enseignants que l’important était de « reconnaître le sujet, c’est-à-dire que la nation doit le respect à ses professeurs »… Voilà des années que la rémunération des enseignants est montrée du doigt, alors pour le SNALC l’essentiel n’est plus juste de « reconnaître le sujet ».

Comment peut-on croire un ministre qui affirme ensuite dans la même émission « qu’un professeur d’école en fin de carrière touchera 2100 euros brut de plus par an à la fin du quinquennat qu’en début de quinquennat » ? 2100 euros qui sembleraient correspondre à la différence entre 2017 et 2021 du salaire brut d’un PE HC échelon 6 après PPCR à laquelle on ajouter les 800 euros de l’ISAE. Rappelons que l’augmentation de l’ISAE de 400 à 1200 tout comme le PPCR ont été mis en place avant l’arrivée de Jean-Michel Blanquer. Des effets d’annonce qui laissent penser que les profs finalement n’ont pas à se plaindre, ils n’ont pas été oubliés loin de là. Récemment, notre ministre annonçait encore que pour un professeur débutant en école primaire, la hausse de salaire serait de l’ordre de 1000 euros annuels par an entre 2017 et 2022. Mais qu’en est-il du gros des troupes ? De la même manière le SNALC salue la prime versée en éducation prioritaire, qui passera à 2000 euros par an à la rentrée 2019. Mais qu’en est-il du gros de troupes ?

Gérard Darmanin a reconnu sur LCI dans le Grand Jury que les professeurs seront lésés par la future réforme des retraites. Le mode de calcul de la pension ne sera plus basé sur les 6 derniers mois mais sur toute la carrière. Nos retraites n’étant déjà pas mirobolantes, qu’en sera-t-il du gros des troupes qui accède difficilement à la hors classe et n’ose même pas escompter la classe exceptionnelle ?

On peut donc avoir de fortes inquiétudes sur notre situation à venir.

Comment peut-on encore avoir confiance en un ministre appelant au dialogue social pour discuter salaires, alors qu’il reste sourd jusqu’ici aux appels et alertes des syndicats.

Comment peut-on d’ailleurs encore avoir confiance en un ministre qui laissait sous-entendre en mai 2017 qu’il n’y aurait pas de loi Blanquer ?

Nous venons pourtant d’échapper de peu à ce que ladite loi Blanquer proposait de pire. Cette loi aurait été catastrophique pour l’École. Le SNALC y avait condamné entre autres les EPSF ou le pouvoir hiérarchique du directeur.

Le SNALC ne se laissera pas amadouer par de beaux discours sur les savoirs fondamentaux, sur les valeurs de respect de l’école ou sur la culture. Ces séduisantes paroles cachent la réalité bien moins séduisante de nos conditions de travail, qui repousse les jeunes à vouloir entrer dans le métier et donne envie aux plus anciens d’en partir.

Pour le moment, profitons de ces vacances estivales méritées. En effet, il ne manquerait plus qu’une énième réforme vienne nous supprimer ce qui reste pour beaucoup l’unique raison de ne pas quitter l’Éducation nationale. Et justement : grâce à un décret pourtant rejeté à deux reprises par tous les syndicats représentatifs, SNALC en tête, la formation continue peut désormais être imposée pendant les vacances, à concurrence de cinq jours par an (et pour l’impressionnante somme de 120 euros par jour). Y compris pendant les grandes vacances.

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