Un départ et une passation de pouvoirs aux allures de continuité

Lors de son message vidéo de remerciements aux personnels de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer a dressé un bilan très flatteur de son action gouvernementale. A grand renfort d’intitulés et de dispositifs (évaluations nationales, école inclusive, Vacances apprenantes, Plan Mercredi, cités éducatives, petits déjeuners gratuits,30 minutes d’activité physique quotidienne, etc.), il a énoncé une liste à la Prévert de tout ce qui a été mis en place, comme le reprend le bilan « 2017-2022 : 5 ans d’actions pour l’École de la République »

Sans avoir également la prétention de l’exhaustivité, mais sans se cacher derrière des artifices de communication, le SNALC souhaite préciser, voire compléter, certaines affirmations de l’ancien pensionnaire de la rue de Grenelle.

« L’école primaire a progressé en France, en dépit de crises inédites ». Qui doit être remercié et loué pour cela ? Après plus de deux années de Covid, le SNALC estime que les progrès des élèves reposent uniquement sur le sens des responsabilités et l’engagement des professeurs au plus fort de la crise. Notre ancien ministre exprime certes sa gratitude lors de cet adieu, mais il est trop tard.

Dans ces remerciements, il est également question de « reconnaissance matérielle », qui se traduit par de « nouvelles revalorisations, qui ont commencé à avoir lieu notamment pour les plus jeunes ». « Cela va se poursuivre pour tous les âges, le Président de la République s’y est engagé. » Au SNALC, cela fait déjà 5 ans que nous réclamons des engagements financiers pour tous. Maintenant, nous voulons les constater. Et la gratitude doit être chiffrée dignement en bas à droite de notre fiche de paie, d’autant plus si nous sommes « l’incarnation de l’école et (que) l’école est la première des priorités pour une société. ».

Lors de son discours de passation de pouvoirs du vendredi 20 mai 2022, Jean-Michel Blanquer a de nouveau énuméré la longue liste de ses actions sur 5 ans, pour ensuite laisser la parole à son successeur, Pap Ndiaye.

Les premiers mots de notre nouveau ministre de l’Éducation nationale ne laissent pas, pour l’heure, présager d’un nouveau départ : « prolongation », « approfondissement des efforts entrepris », « Je sais les réformes que vous avez menées à bien », … Et il suffit de s’attarder sur ses proches conseillers pour deviner une certaine constance.

La visite de notre ministre à Marseille le 2 juin 2022, en compagnie du chef de l’État qui souhaite généraliser l’expérimentation menée dans une des 59 écoles sélectionnées, avec la possibilité laissée aux directeurs d‘école de choisir plus ou moins leurs adjoints, est venue enfoncer le clou de la continuité pressentie.

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