SNALC83 1er degré : la lettre d’info du 06/11/2019

RETOUR AUX FONDAMENTAUX
A son arrivée 110 rue de Grenelle, notre nouveau ministre de l’Éducation nationale se faisait un point d’honneur à rétablir dans leur intégrité des apprentissages fondamentaux, mis au pilori par les pédagogistes au service des précédents gouvernements. Les déclarations de Jean-Michel BLANQUER faisaient écho à ce que nous, au SNALC, demandions avec insistance depuis des années. Ses premières conférences de presse et interviews étaient pleines de promesses en ce sens.

Deux ans plus tard, cette montagne d’espoirs a accouché d’une souris et le dédoublement (chaotique) des classes de CP et de CE1 en REP et REP+ est l’arbre qui cache la forêt. Mais finalement n’aurions-nous pas mal interprété toutes ces belles promesses ? En effet, l’Éducation nationale n’a jamais porté aussi bien son nom ! Nous avons compris « retour aux fondamentaux de l’instruction nationale ». Alors qu’il fallait bien entendre, et prendre au sens littéral du terme : « retour aux fondamentaux de l’ÉDUCATION nationale. »

Ainsi, nous avons pu voir fleurir ces deux dernières années dans les REP et REP+, mais pas seulement, des projets à portées éducatives de toutes sortes : la semaine sans écran ; la sensibilisation à l’hygiène dentaire et /ou alimentaire ; le tri sélectif ; la lutte contre le harcèlement ; la lutte contre la radicalisation ; les dangers d’internet…Pour couronner tout ce concert de projets, notre ministre eut la bonne idée de généraliser, pour ne pas dire imposer, la mise en place de petits déjeuners dans les écoles de milieux défavorisés. Alors oui, à l’heure où les directeurs et directrices croulent et craquent sous les contraintes et la paperasse administrative, où les enseignants sont plus que jamais agressés par certains parents et abandonnés (pour ne pas dire condamnés par la hiérarchie), à l’heure où les autres enfants sont victimes d’autres enfants victimes eux-mêmes de la « théorie » pourtant louable de l’école inclusive mais sans moyens de fonctionnement dignes dans les faits, notre ministre de l’ÉDUCATION nationale respecte, en effet, son engagement de revenir aux fondamentaux de l’ÉDUCATION à la lettre. Et, ne vous en déplaise, délivrer, à chaque enfant, un petit déjeuner en est un ! Oui. N’ayons aucun doute sur cette mesure progressiste. Elle est la première d’une longue série. En plus d’arriver le ventre vide à l’école, certains enfants n’ont pas une durée de sommeil suffisante pour enregistrer les savoirs, eux fondamentaux, délivrés. A quand la grasse matinée réparatrice à l’école ou la sieste en élémentaire ? Et que dire du manque d’hygiène constaté chez certains élèves ! Après le petit déjeuner, il va falloir prévoir également un temps pour l’hygiène bucco-dentaire, vous ne pensez pas? Accueil, mise en place du petit-déjeuner, prise du petit déjeuner, moment convivial d’échanges, brossage de dents et compagnie : les apprentissages commenceront, pour les élèves qui en ont le plus besoin, une heure plus tard que prévu. Alors anticipons la mise en place des mesures dans le sens du retour aux fondamentaux de l’ÉDUCATION nationale et prioritaire. Ritualisons la sieste pour récupérer du manque de sommeil et pourquoi pas la toilette obligatoire avant de rendre les élèves – ou plutôt leurs petits chéris- aux parents à leur sortie de l’école.

À L’ÉCOLE DE LA RÉPUBLIQUE : UN PETIT DÉJEUNER POUR LA ROUTE !
Vous l’aurez compris, même si on tente de noyer cette mesure fondamentale dans un grand verre d’eau d’humour au second degré, on a du mal à avaler cette énième pilule éducative et démagogique. Quand le SNALC rêve de rendre à l’Ecole son rôle d’ascenseur social, permettant aux élèves en ayant le plus besoin d’acquérir les bases de l’instruction nécessaire à leur épanouissement futur, notre Ministre dévoie cette Ecole de ce noble but. Au-delà de la pression mise en place par certains inspecteurs ou inspectrices sur les municipalités et les directeurs et directrices d’école – pour obtenir un strapontin académique – celle-ci pose en effet un certain nombre de questions auxquelles personne n’a pour le moment répondu : la qualité du personnel encadrant (PE, personnel mairie, services civiques…); la(les)personne(s) responsable(s) du dispositif ; le nombre d’élèves à encadrer (variable) ; la fréquence ; la durée ; le stockage des denrées (imaginez le scandale de l’intoxication alimentaire via un petit déjeuner distribué par un enseignant); la préparation des petits déjeuners ; le lieu à définir ; le nettoyage et l’hygiène ; le financement (30 % par l’Etat, le reste à la charge des mairies.)…. Aussi, comment savoir si l’enfant aura déjà pris ou pas son petit déjeuner à la maison ? Et si oui, cela ne pose-t-il pas la question de l’obésité ? Enfin et surtout, une telle mesure n’ouvre-t-elle pas définitivement la boîte de Pandore de l’assistanat à l’époque où il faudrait plus que jamais responsabiliser les parents sur leur rôle familial et les conséquences de leurs manquements envers leurs enfants ?

Oui. Il existe des familles en grandes difficultés sociales pour qui cette mesure serait souhaitable et souhaitée. Mais est-ce aujourd’hui à l’école de pallier cette carence sociale et éducative ? Soyons honnêtes intellectuellement. Est-ce de la responsabilité de l’école de s’occuper, d’éduquer les enfants dans leur alimentation ? Dans le respect de leur temps de sommeil ? Dans leur hygiène corporelle ? Dans leur éducation à l’environnement ? Aux dangers du numérique débridé ? etc., etc. N’est-il pas temps de dire STOP au tout éducatif au détriment de l’instruction, mission première et légitime de l’école ? Doit-on couper définitivement les câbles de l’ascenseur social ? L’ÉDUCATION des enfants n’est-elle pas la mission première des PARENTS ? A l’époque de la bienveillance, le système devrait faire en sorte que tous les acteurs s’inscrivent dans celle-ci. Et les premiers acteurs sont les parents, ne l’oublions pas

Alors, chers collègues, avant de friser l’indigestion ÉDUCATIVE, nous vous souhaitons un BON PETIT DÉJEUNER !

PROCHAINES RÉUNIONS SYNDICALES
Le SNALC Ecole 83 organise des réunions d’information syndicale déductibles des 108 heures hors APC.
Mardi 26 novembre 2019 : école élémentaire Plan du Castellet 17h-20h
Mardi 14 janvier 2020 : école élémentaire Jean Moulin à Saint Maximin 17h-20h
Mardi 4 février 2020 : école élémentaire Saint Exupéry à Hyères 17h-20h

Nous aborderons avec vous les thèmes d’actualité (Formation obligatoire pendant les vacances, aménagements d’assiduité en maternelle, judiciarisation de l’école, réforme des retraites, rémunérations, exemples vécus et comportements à adopter, dysfonctionnements de la scolarité inclusive…) et nous vous expliquerons les avantages SNALC, syndicat élu en CAPD, CTSD, CHSCT, CTA… : comité d’entreprise, aide à la mobilité, protection juridique, etc.

RAPPELS RISTT :
Les animations pédagogiques obligatoires peuvent être remplacées par une RISTT. Vous devez vous y inscrire mais vous pouvez faire le choix de les remplacer par une RISTT (c’est votre droit d’utiliser ainsi 2 RISTT par an, hors temps devant élèves).
Si vous êtes inscrit à une seule RISTT dans votre plan d’animations pédagogiques, vous pouvez néanmoins assister à une 2ème RISTT et la déduire (108h hors APC, mise en commun de la FOAD, conseil d’école, journée de solidarité).

Demandez-nous (à l’adresse suivante : snalc.ecole83@gmail.com) le modèle de lettre à envoyer à votre IEN, si possible 48h à l’avance, pour l’informer de votre participation.

A très bientôt !

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