Plan contre le racisme : exigeons déjà la laïcité

Par une lettre de la ministre adressée aux recteurs et spécialement publiée dans le BO n°5 du 18 juin 2015 paru pour l’occasion, le Gouvernement annonce qu’au rang de ses priorités, il « se mobilise tout entier dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme », rappelant avec force la loi n° 2013-595 du 8 juillet 2013 et exige que « l’École maintienne à leur plus haut degré d’exigence ses missions d’inclusion scolaire de tous les enfants, sans aucune distinction, d’acquisition par tous des valeurs républicaines […] »

Le SNALC-FGAF ne peut que soutenir une telle démarche et se féliciter de la détermination affichée par Madame Vallaud-Belkacem, et relayée par le Premier ministre qui exige à ce sujet qu’une « réponse systématique soit apportée à tous les incidents, à tous les dérapages. À chaque parole raciste et antisémite ».
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Tous en grève pour le DNB

Mot du président

À grand renfort de messes médiatiques savamment orchestrées, on ne cesse de nous vanter les prétendus mérites du dialogue social au sein de notre ministère. Dans les faits, il n’en est rien : comme vous le découvrirez dans ces colonnes, au Conseil Supérieur de l’Education (CSE), principale instance consultative sur laquelle la Ministre s’est appuyée pour faire paser la réforme du collège, les personnels sont statutairement minoritaires. Quant au Comité Technique Ministériel de l’Education Nationale (CTMEN) où siègent les six confédérations syndicales représentatives (FSU, UNSA, FO, CFDT, CGT, SNALC-SNE-FGAF), son règlement intérieur prend en compte l’abstention comme un vote exprimé : ainsi, seul un vote unanimement «contre» de la part de toutes les organisations présentes – dans les faits, quasi impossible à obtenir – peut entraîner le réexamen d’un texte ! Malgré ce dispositif totalement anti-démocratique, Mme la Ministre n’a même pas daigné lui soumettre pour avis le texte du décret sur la réforme du collège et a préféré le publier alors que s’achevaient à peine les manifestations qui le 19 mai dernier avaient rassemblé de très nombreux collègues hostiles à cette calamiteuse réforme. Lire la suite

Irresponsabilité et laïcité

Le tribunal administratif de Nice autorise une maman voilée à accompagner une sortie scolaire…. qui a eu lieu il y a 18 mois ! Il fonde sa décision sur un attendu qui contredit la circulaire dite Chatel reconduite par Vincent Peillon: une mère d’élève doit être « regardée, comme les élèves, comme des usagers du service public de l’éducation »

C’est précisément parce que les accompagnateurs sont considérés comme des auxiliaires du service public que la neutralité s’impose à eux comme aux fonctionnaires d’Etat. Cette neutralité dans l’espace public est constitutive du principe de laïcité. Elle ne stigmatise pas. Elle permet au contraire la cohabitation de toutes les fois.

En s’appuyant sur un attendu arbitraire en contradiction avec la circulaire, le juge fragilise encore davantage une justice gravement mise en cause suite à l’affaire du directeur pédophile jamais signalé. Si la justice est une institution, l’école en est une autre. L’application du principe de laïcité ne peut pas supporter le flou engendré par cette décision délétère qui va entraîner un trouble à l’ordre public. Qui ne comprend que des milliers de directeurs et de directrices vont demain se trouver coincés entre des consignes contradictoires?

Syndicat enseignant