Nouveau système de remplacement dans le 1er degré : dérive ou avancée ?

Le ministère a lancé en 2022 l’expérimentation d’une nouvelle application, ANDJARO, en vue d’optimiser l’affectation des professeurs des écoles remplaçants.

Cette application a été présentée comme un facilitateur pour les services administratifs. En effet, affecter en urgence les remplaçants est bien souvent un casse-tête pour les secrétaires d’inspection, les absents n’étant souvent connus qu’au dernier moment. Certaines DSDEN ont tenté ces dernières années de modifier leur mode de fonctionnement en mettant en place un service centralisé ou un logiciel « maison » mais les résultats se sont montrés décevants.

La mise en place d’ANDJARO a soulevé bien des problèmes, dont celui de la déshumanisation du processus d’affectation des remplaçants : le secrétaire connaît généralement bien sa brigade et prend en compte dans la mesure du possible les affinités de chacun. Avec ANDJARO, s’est imposée la crainte que « l’ordinateur » affecte les remplaçants dans une logique de rentabilité, sans plus aucun interlocuteur auquel faire part des problèmes rencontrés. Il s’avère que les DSDEN peuvent paramétrer l’application et passer outre ses propositions. Ainsi, ANDJARO n’est pas systématiquement directif. L’intervention de l’humain reste néanmoins à la marge et sa disparition complète pourrait intervenir dans un avenir plus ou moins proche.

À noter qu’ANDJARO, s’il peut être pratique pour l’enseignant, s’installe uniquement sur téléphone portable. Or, l’Éducation nationale ne fournit pas de téléphone professionnel aux remplaçants. Dès lors, le SNALC ne pourra cautionner une éventuelle obligation d’utiliser cet outil.

D’autres points inquiètent. Des informations personnelles relatives aux remplaçants ont été renseignées sur ANDJARO, qu’ils l’aient téléchargé ou non. Quant à ceux qui l’utilisent, ils reçoivent des notifications parfois tard le soir ou le dimanche après-midi, ce qui est loin d’aider à la déconnexion.

Enfin, le SNALC rappelle qu’aucune solution ne viendra à bout du manque récurrent de remplaçants dans le premier degré, sinon une véritable augmentation du recrutement des professeurs des écoles, répercutée sur le nombre de postes alloués au remplacement.

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