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SNALC83 1er degré : la lettre d’info du 15/11/2019

Direction d’école
Une consultation bâclée et quelques actions à la va-vite ?
Le SNALC veut plus !
Un questionnaire inepte a été envoyé aux Directrices et Directeurs pour prendre connaissance de leurs problèmes et ressentis. Un questionnaire qui enfonce des portes ouvertes, qui n’est pas bridé et peut être rempli par n’importe qui une fois, deux fois…à l’infini ! Pour apprendre quoi ? Ce que l’on sait déjà ? Les problèmes inhérents à la Direction d’école sont connus, notre Ministre ne va pas faire comme s’il les découvrait. Des groupes départementaux de consultation et de suivi seront mis en place avant la fin de l’année civile. Aux yeux du SNALC, le Ministère ne réagit que sur catastrophe, uniquement quand la profession est endeuillée ET que les médias relaient l’information.

Le Ministre de l’observatoire n’en finit plus d’observer.
Ces groupes seront réunis régulièrement pour permettre d’identifier des pistes d’allègement de tâches administratives. Alors qu’elles se surajoutent d’année en année au gré d’un millefeuille délétère ! Faites-nous rire Monsieur le Ministre : quand vous commencez à vous poser des questions – et les drames endeuillant la profession vous y ont aidé si ce n’est forcé – le SNALC a déjà les réponses. Regardons la vérité en face : l’accumulation de travail est bien venue d’en haut. Elle a été voulue ! Plus que des mesurettes accessoires et cosmétiques, il est temps de mener un vrai travail de fond, dossier que le SNALC ne fera pas qu’effleurer dans les semaines à venir.
Les IEN vont proposer des rencontres aux Directrices et Directeurs de leur circonscription en « groupes restreints ». Pour qu’il n’y ait pas trop d’émulation ? Pour cloisonner ? Pour guider la pensée et recueillir des avis tronqués ? Un moratoire a été décidé, jusqu’à la fin de l’année civile, pour trouver des pistes. Un moratoire pour éviter le mouroir qu’est la Direction ? Mascarade !

Moins de paroles, plus d’actes !
La fonction de direction étant laissée à l’abandon depuis trop longtemps, le SNALC ne souhaite rien de moins que des actes ! Des mesures concrètes pour rendre la Direction d’école viable et supportable doivent être mises en place sans plus tarder. Les annonces faites lors du Comité Technique Ministériel du mercredi 13 novembre (une journée supplémentaire de décharge d’ici la fin 2019 pour chaque Direction, un moratoire sur toutes les enquêtes jusqu’à fin décembre, des groupes de suivi départementaux) ne rendront pas le labeur moins harassant pour les Directrices et Directeurs dans un futur proche.
Ce coup de com’ – pour ne pas dire ce tour de passe-passe – ne rendra pas le sourire à la fonction qui se retrouve une fois de plus bernée et insultée tant l’octroi est faible là où un retard considérable de considération et de moyens en tous genres s’est installé depuis des décennies. Une mesurette marketing comme seul notre Ministre sait les vendre à la presse.
Le SNALC proposera des améliorations concrètes et exigeantes et demande dès à présent des aides réelles, fiables et pérennes dans un secteur où les promesses ont tôt fait de s’évaporer.

Ange Martinez
SNALC premier degré

Communiqué de presse du SNALC

SNALC83 1er degré : la lettre d’info du 06/11/2019

RETOUR AUX FONDAMENTAUX
A son arrivée 110 rue de Grenelle, notre nouveau ministre de l’Éducation nationale se faisait un point d’honneur à rétablir dans leur intégrité des apprentissages fondamentaux, mis au pilori par les pédagogistes au service des précédents gouvernements. Les déclarations de Jean-Michel BLANQUER faisaient écho à ce que nous, au SNALC, demandions avec insistance depuis des années. Ses premières conférences de presse et interviews étaient pleines de promesses en ce sens.

Deux ans plus tard, cette montagne d’espoirs a accouché d’une souris et le dédoublement (chaotique) des classes de CP et de CE1 en REP et REP+ est l’arbre qui cache la forêt. Mais finalement n’aurions-nous pas mal interprété toutes ces belles promesses ? En effet, l’Éducation nationale n’a jamais porté aussi bien son nom ! Nous avons compris « retour aux fondamentaux de l’instruction nationale ». Alors qu’il fallait bien entendre, et prendre au sens littéral du terme : « retour aux fondamentaux de l’ÉDUCATION nationale. »

Ainsi, nous avons pu voir fleurir ces deux dernières années dans les REP et REP+, mais pas seulement, des projets à portées éducatives de toutes sortes : la semaine sans écran ; la sensibilisation à l’hygiène dentaire et /ou alimentaire ; le tri sélectif ; la lutte contre le harcèlement ; la lutte contre la radicalisation ; les dangers d’internet…Pour couronner tout ce concert de projets, notre ministre eut la bonne idée de généraliser, pour ne pas dire imposer, la mise en place de petits déjeuners dans les écoles de milieux défavorisés. Alors oui, à l’heure où les directeurs et directrices croulent et craquent sous les contraintes et la paperasse administrative, où les enseignants sont plus que jamais agressés par certains parents et abandonnés (pour ne pas dire condamnés par la hiérarchie), à l’heure où les autres enfants sont victimes d’autres enfants victimes eux-mêmes de la « théorie » pourtant louable de l’école inclusive mais sans moyens de fonctionnement dignes dans les faits, notre ministre de l’ÉDUCATION nationale respecte, en effet, son engagement de revenir aux fondamentaux de l’ÉDUCATION à la lettre. Et, ne vous en déplaise, délivrer, à chaque enfant, un petit déjeuner en est un ! Oui. N’ayons aucun doute sur cette mesure progressiste. Elle est la première d’une longue série. En plus d’arriver le ventre vide à l’école, certains enfants n’ont pas une durée de sommeil suffisante pour enregistrer les savoirs, eux fondamentaux, délivrés. A quand la grasse matinée réparatrice à l’école ou la sieste en élémentaire ? Et que dire du manque d’hygiène constaté chez certains élèves ! Après le petit déjeuner, il va falloir prévoir également un temps pour l’hygiène bucco-dentaire, vous ne pensez pas? Accueil, mise en place du petit-déjeuner, prise du petit déjeuner, moment convivial d’échanges, brossage de dents et compagnie : les apprentissages commenceront, pour les élèves qui en ont le plus besoin, une heure plus tard que prévu. Alors anticipons la mise en place des mesures dans le sens du retour aux fondamentaux de l’ÉDUCATION nationale et prioritaire. Ritualisons la sieste pour récupérer du manque de sommeil et pourquoi pas la toilette obligatoire avant de rendre les élèves – ou plutôt leurs petits chéris- aux parents à leur sortie de l’école.

À L’ÉCOLE DE LA RÉPUBLIQUE : UN PETIT DÉJEUNER POUR LA ROUTE !
Vous l’aurez compris, même si on tente de noyer cette mesure fondamentale dans un grand verre d’eau d’humour au second degré, on a du mal à avaler cette énième pilule éducative et démagogique. Quand le SNALC rêve de rendre à l’Ecole son rôle d’ascenseur social, permettant aux élèves en ayant le plus besoin d’acquérir les bases de l’instruction nécessaire à leur épanouissement futur, notre Ministre dévoie cette Ecole de ce noble but. Au-delà de la pression mise en place par certains inspecteurs ou inspectrices sur les municipalités et les directeurs et directrices d’école – pour obtenir un strapontin académique – celle-ci pose en effet un certain nombre de questions auxquelles personne n’a pour le moment répondu : la qualité du personnel encadrant (PE, personnel mairie, services civiques…); la(les)personne(s) responsable(s) du dispositif ; le nombre d’élèves à encadrer (variable) ; la fréquence ; la durée ; le stockage des denrées (imaginez le scandale de l’intoxication alimentaire via un petit déjeuner distribué par un enseignant); la préparation des petits déjeuners ; le lieu à définir ; le nettoyage et l’hygiène ; le financement (30 % par l’Etat, le reste à la charge des mairies.)…. Aussi, comment savoir si l’enfant aura déjà pris ou pas son petit déjeuner à la maison ? Et si oui, cela ne pose-t-il pas la question de l’obésité ? Enfin et surtout, une telle mesure n’ouvre-t-elle pas définitivement la boîte de Pandore de l’assistanat à l’époque où il faudrait plus que jamais responsabiliser les parents sur leur rôle familial et les conséquences de leurs manquements envers leurs enfants ?

Oui. Il existe des familles en grandes difficultés sociales pour qui cette mesure serait souhaitable et souhaitée. Mais est-ce aujourd’hui à l’école de pallier cette carence sociale et éducative ? Soyons honnêtes intellectuellement. Est-ce de la responsabilité de l’école de s’occuper, d’éduquer les enfants dans leur alimentation ? Dans le respect de leur temps de sommeil ? Dans leur hygiène corporelle ? Dans leur éducation à l’environnement ? Aux dangers du numérique débridé ? etc., etc. N’est-il pas temps de dire STOP au tout éducatif au détriment de l’instruction, mission première et légitime de l’école ? Doit-on couper définitivement les câbles de l’ascenseur social ? L’ÉDUCATION des enfants n’est-elle pas la mission première des PARENTS ? A l’époque de la bienveillance, le système devrait faire en sorte que tous les acteurs s’inscrivent dans celle-ci. Et les premiers acteurs sont les parents, ne l’oublions pas

Alors, chers collègues, avant de friser l’indigestion ÉDUCATIVE, nous vous souhaitons un BON PETIT DÉJEUNER !

PROCHAINES RÉUNIONS SYNDICALES
Le SNALC Ecole 83 organise des réunions d’information syndicale déductibles des 108 heures hors APC.
Mardi 26 novembre 2019 : école élémentaire Plan du Castellet 17h-20h
Mardi 14 janvier 2020 : école élémentaire Jean Moulin à Saint Maximin 17h-20h
Mardi 4 février 2020 : école élémentaire Saint Exupéry à Hyères 17h-20h

Nous aborderons avec vous les thèmes d’actualité (Formation obligatoire pendant les vacances, aménagements d’assiduité en maternelle, judiciarisation de l’école, réforme des retraites, rémunérations, exemples vécus et comportements à adopter, dysfonctionnements de la scolarité inclusive…) et nous vous expliquerons les avantages SNALC, syndicat élu en CAPD, CTSD, CHSCT, CTA… : comité d’entreprise, aide à la mobilité, protection juridique, etc.

RAPPELS RISTT :
Les animations pédagogiques obligatoires peuvent être remplacées par une RISTT. Vous devez vous y inscrire mais vous pouvez faire le choix de les remplacer par une RISTT (c’est votre droit d’utiliser ainsi 2 RISTT par an, hors temps devant élèves).
Si vous êtes inscrit à une seule RISTT dans votre plan d’animations pédagogiques, vous pouvez néanmoins assister à une 2ème RISTT et la déduire (108h hors APC, mise en commun de la FOAD, conseil d’école, journée de solidarité).

Demandez-nous (à l’adresse suivante : snalc.ecole83@gmail.com) le modèle de lettre à envoyer à votre IEN, si possible 48h à l’avance, pour l’informer de votre participation.

A très bientôt !

SNALC83 1er degré : la lettre d’info du 10/10/2019

Départ à la retraite en 2020
Départ à la retraite le 1er septembre 2020

La circulaire retraite est enfin parue. Vous avez jusqu’au 26 novembre 2019 pour envoyer votre demande de radiation des cadres à la DSDEN83.

Désormais, vous effectuerez votre demande d’admission à la retraite sur ENSAP. Vous devrez vous créer un compte pour cela, si ce n’est déjà fait.

Il est important de vérifier et de faire corriger toute éventuelle erreur ou omission constatée dans votre dossier et le déroulé de votre carrière.

Avantage adhérents SNALC : Nous vous rappelons que vous bénéficiez de notre aide, de notre vérification et d’un accompagnement personnalisé dans vos démarches. Contactez-nous rapidement si vous constatez la moindre anomalie. Ou simplement pour avoir confirmation que votre dossier est complet.

La retraite des professeurs des écoles : une universalité à différencier
Les préconisations du rapport de M. Delevoye pour un passage à un système de retraite universel sont supposées nous amener à un système plus « juste ». Toutefois, ce rapport maintient quelques cas particuliers dans cette universalité. Et les professeurs du premier degré sont justement un cas particulier.

Les professeurs des écoles sont classés dans les professions intermédiaires contrairement aux professeurs du second degré, classés dans les cadres et professions intellectuelles supérieures. Les professeurs du premier degré et les professeurs certifiés du second degré partagent pourtant la même grille indiciaire.

Dans le premier degré, les professeurs se trouvent dans l’impossibilité de faire des heures supplémentaires dans une semaine de vingt-sept heures, ajoutées à une vingtaine d’heures de préparations et de corrections. Et les primes sont inexistantes pour la grande majorité des professeurs des écoles (qui sont pourtant « professeurs principaux » de leur classe), excepté une ISAE de 100 euros.

Les professeurs des écoles sont les seuls fonctionnaires qui ne peuvent pas partir en retraite à leur date anniversaire et se retrouvent dans l’obligation de terminer toute année scolaire entamée, même s’ils sont nés début septembre. A cela, ils sont en droit de réclamer une équité.

Ensuite, la pénibilité de notre métier ne peut être occultée. L’allongement de l’espérance de vie est à confronter à l’espérance de vie en bonne santé. Devoir enseigner jusqu’à 64- 67 ans, devant jusqu’à parfois 31 élèves, est absolument inconcevable pour quiconque a déjà été enseignant dans une école primaire. D’ailleurs, beaucoup de professeurs des écoles sont actuellement contraints de finir leur carrière en congé longue maladie ou congé longue durée.

Nous pouvons également évoquer la non prise en compte dans le calcul des retraites des allocations préparatoires et allocations de première année allouées lors de la création des IUFM. Ces allocations, en dépit de maintes questions posées au Sénat, la plus récente datant du 16 juillet 2019, devraient être prises en compte pour la constitution et la liquidation du droit à pension de retraite (précisons que le décret d’application de la loi date de 1991 et n’est toujours pas entré en vigueur). La réponse du secrétaire d’Etat sur cette question fut la suivante : « C’est donc désormais dans le cadre de la réforme des retraites que nous allons envisager les règles qui ont trait à l’ensemble des retraites des personnels de l’éducation nationale. »

Notre calcul de retraite actuel, basé sur les six derniers mois, compense plus ou moins une faible rémunération sur l’ensemble de la carrière. Mais passer au système par points, prenant en compte les primes, avec une rémunération nettement inférieure aux autres cadres A de la fonction publique, nous désavantage drastiquement.

Les professeurs, les instituteurs, sont plus qu’inquiets sur la question de leur retraite. Ils se sentaient oubliés depuis des années en termes de rémunération, mais ce nouveau calcul dépasse le simple oubli: il est insultant pour tous ceux qui depuis des années se battent pour conserver une École digne de ce nom malgré les réformes incessantes, les difficultés grandissantes et une reconnaissance déplorable.

Nous avons supporté bon nombre de mesures qui ont impacté de près ou de loin notre niveau de vie. Cette fois, l’impact de cette réforme sera sans commune mesure avec la somme de tout ce que nous avons déjà vécu. Face à des spécificités reconnues à certaines professions, comme celles relatives à la pénibilité ou à l’âge du taux plein, les enseignants du premier degré sont légitimement en droit de réclamer une réforme réellement « plus juste pour tous ».

Non seulement on ne se contentera pas d’une attention particulière mais le geste devra être à la hauteur du préjudice subi depuis des années.

Véronique Mouhot
SNALC Ecole 83