Archives de catégorie : Ecole

Écoles orphelines : quand l’état ne donne pas plus à ceux qui ont moins

Les mesures se sont succédé sans interruption depuis 1981 et la création des zones d’éducation prioritaire destinées à réduire l’écart entre les élèves issus de milieux défavorisés et ceux ayant plus de chance socialement parlant.

Pour aider les écoles des quartiers défavorisés, l’État a usé de la classification desdites écoles en réseaux d’éducation prioritaire comme palliatif d’indicateurs sociaux en berne. Mais à cette fin, encore faut-il bien cibler les écoles en ayant le plus besoin. Or c’est loin d’être toujours le cas. Car si le but affiché était de casser les déterminismes sociaux ou plutôt de donner plus à ceux qui ont moins, d’autres inégalités ont vu le jour. Le SNALC ira jusqu’à dire d’autres injustices. A savoir l’exclusion de certaines écoles du label REP et REP+ car n’appartenant pas au secteur du collège de rattachement.

Si le label REP/REP+ offre une solution à 6 000 écoles (et 1 000 collèges), toutes les écoles qui nécessiteraient une aide n’y ont pas accès. Pourquoi ? Car l’attribution se fait de façon descendante : pour être classé REP/REP+, il faut pour une école, dépendre d’un collège en éducation prioritaire. Si les collèges obtiennent le label en fonction d’indicateurs sociaux, (parents d’élèves appartenant à des catégories socioprofessionnelles défavorisées…), ce n’est pas le cas pour les écoles qui doivent simplement être rattachées à un collège REP.

Quand on sait qu’en moyenne six écoles dépendent d’un seul collège de secteur, on comprend aisément le problème : le secteur, par sa taille, opère une moyenne ne permettant pas de considérer les cas propres à chaque école, cas souvent bien différents de celui du collège. Ainsi, des écoles des quartiers défavorisés sont orphelines car rattachées à un collège hors éducation prioritaire. En 2016, les études montraient au travers des données fiscales et du niveau de vie médian des habitants que les deux tiers des élèves des quartiers les plus défavorisés, soit 350 000 élèves, sont encore hors réseau. Il est donc temps que le Ministère classe les écoles en fonction de critères qui leur sont propres.

Détecter et signaler les situations de maltraitance : ce qu’il faut savoir ! (fiche info SNALC)

Le 15 octobre dernier, Santé Publique France publiait un dossier très complet sur la maltraitance pendant l’enfance.

En tant que professionnels exerçant au quotidien auprès d’enfants, nous avons un rôle prépondérant pour détecter et signaler ces situations particulièrement difficiles.

Mais concrètement, quels sont nos devoirs et nos droits ? A qui nous adresser ? Comment aborder ce sujet délicat avec les élèves concernés ?

Le baromètre de Santé Publique France publié le 15 octobre fait état de chiffres alarmants :
« Chaque année, environ 50 000 plaintes pour violences physiques sur enfant sont déposées et 20 000 pour agressions sexuelles. Chaque jour, 90 appels sont traités par le plateau d’écoute du 119, le numéro de l’enfance en danger, et 40 informations préoccupantes sont signalées. L’Observatoire national de la protection de l’enfance a estimé à 67 le nombre d’enfants décédés de mort violente au sein de la famille en 2017. Cette liste, loin d’être exhaustive, ne saisit pas toute l’ampleur de la maltraitance infantile, car ces violences ont des répercussions traumatiques, physiques et psychologiques à court, moyen et long termes. »
Nous, enseignants, sommes en première ligne pour dépister la maltraitance et agir en conséquence. Mais ces situations sont toujours délicates et nécessitent un grand professionnalisme. Cet article répond aux questions que vous pouvez vous poser et vous donne des clés pour accompagner au mieux les élèves concernés.

Qu’est-ce que la maltraitance ?
Deux situations sont à prendre en compte ; celle d’enfant en danger et celle d’enfant en situation de risque de danger :
Un enfant mineur est en danger quand sa santé, sa sécurité, sa moralité, ou quand les conditions de son éducation, de son développement physique, affectif, intellectuel et social sont gravement compromises.
Il est en risque de danger quand les difficultés rencontrées peuvent mettre en danger sa santé, sa sécurité, sa moralité, ou son éducation, son développement physique, affectif, intellectuel et social.
Lire la suite

Les 108 heures : mauvaises habitudes et renoncement

Les 108 heures sont depuis longtemps un fourre-tout dans lequel l’institution agglomère tout ce qui n’est pas réalisable dans le temps imparti et qui ne saurait être en aucun cas rémunéré au titre des heures supplémentaires. Entre ce qui doit bel et bien être fait au nom du fonctionnement de l’école et ce qui relève de la machine médiatique hiérarchique (enquêtes, prise d’indicateurs etc.), les enseignants du premier degré sont une fois de plus mis inutilement sous pression. Des mauvaises habitudes ont été prises, mais il ne faut pas pour autant baisser les bras : l’administration ne peut pas nous (sur)charger sans fin.

Et une tâche de plus, une !
Non content de s’assurer notre mise sous tutelle par l’IEN de circonscription, le ministère repasse derrière pour vérifier que le troupeau est bien gardé. Vous aurez apprécié comme nous le message plein d’attention à notre égard, et surtout très insistant, concernant le retour des évaluations CP-CE1. La teneur du rappel étant plus que jamais infantilisante. Il est donc écrit  » Vous effectuez en ce moment la passation des évaluations nationales avec vos élèves… »; « la saisie des résultats doit s’achever le vendredi 11 octobre. » C’est déjà assez insupportable mais ce n’est rien comparé aux 33 pages du guide de saisie et de restitution. Long, laborieux : rien ne nous est épargné et ce tutoriel ne vise qu’à expliquer et non simplifier la saisie qui pourrait être évitée si l’outil avait été conçu pour évaluer les élèves et non pas occuper les professeurs des écoles à s’approprier un outil imposé, contraignant et jamais facilitant.
Lire la suite