Archives de catégorie : Ecole

L’écriture inclusive à l’école

Le SNALC rappelle que la lutte contre les discriminations est un travail de tous les jours pour tous les enseignants et particulièrement dans le premier degré où l’âge des élèves est le plus approprié pour intégrer des notions comme le respect des autres et les valeurs républicaines. C’est à l’école primaire que les apprentissages autour du vivre ensemble commencent, en parallèle du lire-écrire-compter qui nécessite la plus grande des attentions.

L’élève de primaire essaie de lire et d’apprendre par lui-même à la maison et le professeur des écoles est souvent obligé de revenir sur ces apprentissages extérieurs. Ce dernier doit user de la répétition systématique en s’appuyant, pour la lecture-écriture, des affiches de phonèmes et de graphèmes qui ornent les murs des salles de classe. Nullement décoratives, elles sont des supports visuels indispensables à la mémorisation et à la conversion grapho-phonétique.

Au cours des premières années de la scolarité, chaque élève s’amuse en dehors de l’école à lire systématiquement tout ce qu’il trouve. Cela lui permet de réinvestir et perfectionner les éléments de la lecture abordés en classe et de clamer : « Ça y est, je suis grand, je sais lire !». Cette phrase illustre parfaitement ce que l’acquisition de la lecture représente dans la construction de l’image de soi. Mais comment un élève peut-il lire, comprendre et oraliser une écriture inclusive, loin d’être utilisée par tous ? Quelles complexités pour des élèves qui, au regard des enquêtes, sont déjà en grande difficulté avec la langue française ! L’écriture inclusive est un code pour adultes qui répond à une idéologie d’adultes. Qualifiée d’illisible, elle est une catastrophe pour nos élèves, sans parler des 5 à 7% d’entre eux (selon l’Inserm) concernés par les troubles DYS.

Pour le SNALC, l’écriture inclusive n’a pas sa place à l’École. L’égalité homme-femme ne doit pas s’enseigner par le biais de l’écriture inclusive avec de jeunes enfants. Si au nom de l’égalité homme-femme, on complexifie la langue française, nos élèves risquent fort d’assimiler cette égalité à une notion complexe. Est-ce finalement réellement souhaitable ?

Semaine de 4 jours : la dérogation devient la règle

Pris dans la tourmente de la crise sanitaire et aussi parce que 87% des communes fonctionnent sur 4 jours, l’échéance du renouvellement de la demande de dérogation pour la rentrée 2021 est totalement sortie de notre esprit.

Même si l’organisation de la semaine est au final fixée par le DASEN, le SNALC déplore qu’il soit fait bien peu de cas de la volonté des conseils d’école face à celle d’un élu. D’ailleurs, disons les choses clairement : le choix de continuer sur 4 jours, 4,5 jours ou passer à 4 jours revient bien à la municipalité, plus qu’aux conseils d’école. Pour preuve, la plupart des conseils municipaux ont déjà voté la reconduction du rythme sur 4 jours d’école, sans même consulter les conseils d’école. En même temps, pour rester sur un rythme de 4 jours, les maires avaient-ils besoin de les interroger pour connaître leur position ?

La règle étant à ce jour la semaine de 4,5 jours, le SNALC se demande si notre ministère va enfin remettre en question les critères qui relèvent de la règle et ceux qui relèvent de l’exception. Les communes à 4,5 jours qui ont eu la bonne idée de sonder à nouveau les parents d’élèves cette année ont vu la majorité d’entre eux choisir les 4 jours, et consécutivement, elles ont voté la dérogation sur 4 jours pour la rentrée 2021 en conseil municipal. Dans le département des Landes par exemple, c’est ainsi 68 % des écoles, soit 77 % des élèves du premier degré dans le département, qui suivront le rythme « dérogatoire » des 4 jours à la rentrée prochaine.

Face à la baisse de notre pouvoir d’achat, face à la dévalorisation de notre profession et de notre investissement quotidien, le SNALC a toujours été en faveur du maintien de la semaine de 4 jours. S’il peut arriver que fonctionner sur 4,5 jours se révèle plus bénéfique, cela reste exceptionnel et le choix des rythmes devrait respecter la volonté du conseil d‘école.

Le retour à la semaine de 4 jours gagne encore du terrain, la dérogation doit redevenir la règle.

Le SNALC attend impatiemment le pourcentage de communes revenues à la semaine de 4 jours à la rentrée 2021. Gageons qu’il devrait dépasser les 87%.

D’enseignant spécialisé à personnel ressource : vers la fin de l’ASH ?

Depuis la réforme du CAPPEI en 2017, une logique de transformation des enseignants spécialisés en personnels ressources se met en place. Pour rappel, le SNALC s’est opposé à cette évolution et a voté contre le CAPPEI et la logique du tout inclusif. Le ministère suit des recommandations internationales et la pression du ministère de la Santé qui trouve que le spécialisé coûte trop cher et commence à transformer les plateaux techniques en SESSAD mobiles. Un certain nombre d’élèves d’IME et d’ITEP sont renvoyés vers les écoles, les hôpitaux n’ayant plus les moyens de prendre en charge tous les élèves ayant des troubles psychiatriques. En conséquence, on demande aux écoles d’accueillir des élèves avec des difficultés de plus en plus importantes, une scolarité en école coûtant deux à cinq fois moins cher qu’une scolarité en IME, ITEP ou à l’hôpital.

Les inspecteurs cherchent donc à mobiliser des moyens pour gérer la situation. Or, la légitimité des enseignants spécialisés vient de leur pratique en classe, face à des élèves à besoins particuliers. Le SNALC est opposé à les voir devenir personnels ressources. Ce n’est pas ce que nous voulons, ce n’est pas ce dont ont besoin les élèves, et les collègues des classes « ordinaires » vont très vite remettre en cause les enseignants spécialisés si les choses évoluent dans ce sens.

Lire la suite