Protéger les valeurs, c’est protéger les personnels chargés de les transmettre

Le SNALC a pris connaissance du rapport d’enquête de l’IGESR (1) sur « les événements survenus au collège du Bois d’Aulne (Conflans-Sainte-Honorine) avant l’attentat du 16 octobre 2020 ». Cette enquête démontre sans conteste l’exemplarité et l’humanité de notre collègue Samuel Paty, autant dans ses cours que lors des événements qui ont suivi, ainsi que le grand professionnalisme de la principale du collège du Bois d’Aulne.

Pour le SNALC, l’issue tragique de ces événements était inéluctable au regard de l’impuissance de notre Institution à apporter une réponse rapide, concrète et efficace à notre collègue. La gravité des faits et l’imminence de la menace étaient connus, signalés, avérés : mais de référents en référents, de signalements en rapports, aucune décision n’est arrivée à temps pour protéger notre collègue, pour éradiquer la menace et stopper la main qui s’apprêtait à porter le coup.

Selon le SNALC, les préconisations formulées dans le rapport de l’IGESR ne sont pas inintéressantes. Elles restent cependant très insuffisantes au regard de la solitude dans laquelle se trouvent chaque jour les personnels, en particulier d’enseignement et d’éducation, à qui l’on demande de transmettre et porter à l’école des valeurs attaquées de toutes parts en dehors.

Le SNALC rappelle enfin que respecter les valeurs de la République impose à chacun, agents et usagers, le respect absolu des lois qui les garantissent et de l’autorité de ceux qui les protègent et les enseignent. Sans dérogation ni négociation.

  1. Enquête de l’IGESR

Éducation prioritaire : une expérimentation sans moyens

Le SNALC a suivi l’audition de la secrétaire d’État Nathalie Élimas ce matin au Sénat. Cette dernière a présenté les grandes lignes de l’expérimentation sur l’éducation prioritaire qui doit être menée à la rentrée prochaine dans trois académies.

Le SNALC, auditionné le 20 novembre dernier sur le sujet, avait posé la question du financement de cette expérimentation. Il n’avait à l’époque pas obtenu de réponse. Nathalie Élimas a donc enfin répondu à cette question aujourd’hui : l’expérimentation se fera « à moyens constants ».

Pour le SNALC, ce simple fait disqualifie l’ensemble du projet. Nous demandons donc l’abandon immédiat de cette expérimentation, qui n’aura d’autre effet que de prendre des moyens financiers et humains dans des écoles et établissements qui en ont besoin pour les redistribuer sur des critères pour le moment loin d’être précis, tellement ils sont nombreux. Enfin, une expérimentation sur une unique année scolaire n’aura clairement aucune valeur au niveau de son évaluation, et toute généralisation ne pourrait donc se faire qu’au doigt mouillé.

Le SNALC continue de demander l’inclusion des écoles orphelines et des lycées dans la politique d’éducation prioritaire, mais sur des moyens supplémentaires et avec un réel cadrage national.

CTM du 27 novembre 2020 : déclaration du SNALC

Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs les représentants de l’administration,
Mesdames et messieurs les membres élus du comité,

Le SNALC tient à revenir sur plusieurs points dans cette déclaration :

➢ le 16 novembre dernier, une très large intersyndicale vous a alerté, monsieur le ministre, sur votre manque de dialogue avec les organisations représentatives au sujet de la gestion de la situation sanitaire, demandant notamment « l’organisation de points réguliers », ne serait-ce que pour aborder les propositions que nous portions dans notre communication commune. À ce jour, aucune réponse n’a été apportée à cette demande.

➢ La « revalorisation » des enseignants (et assimilés) dont il est question aujourd’hui avec la prime d’équipement a été qualifiée d’ « historique ». Pour le moment, elle est historiquement faible et historiquement floue. Aucune garantie n’a pu être apportée jusqu’à présent quant à la volonté politique de mettre en oeuvre une loi de programmation pluriannuelle, qui seule garantirait une hausse importante et pour tous de la part fixe des traitements, et ce sans contreparties. Cette volonté politique semble elle-même d’une extrême fragilité, à en juger par les arbitrages rendus concernant les professeurs documentalistes et les CPE sur l’année 2021. Vous nous avez très souvent reproché, monsieur le ministre, de caricaturer vos intentions en les résumant à l’équivalent d’« un ciné et une pizza par mois ». À l’heure où les cinémas vont bientôt pouvoir rouvrir, pour 70% des enseignants, il faudra se passer de pizza en 2021. Et pour les CPE et professeurs documentalistes aux échelons 8 et supérieurs, il faudra aussi se passer de ciné.

Lire la suite

Syndicat enseignant