Le SNALC et le SNE aux Assises de la Maternelle

Les Assises de la Maternelle des 27 et 28 mars 2018 marqueront le point de départ d’une réflexion sur la refondation de l’école maternelle en collaboration avec Boris Cyrulnik.

​A la veille de ces assises, le SNALC et le SNE ont rencontré Fanny Anor, Conseillère spéciale du Ministre, et Thomas Leroux, Inspecteur de l’Éducation Nationale et chef du bureau des écoles.

Cet entretien s’est déroulé quelques jours après la publication d’une note d’analyse de France Stratégie (organisme rattaché au Premier ministre), intitulée « Un nouvel âge pour l’école maternelle » (à lire ici), comparant l’accueil et la scolarisation des enfants de 1 à 5 ans en Europe et proposant des évolutions inquiétantes pour le SNALC et le SNE.

L’entrevue a donc été l’occasion pour nos organisations d’insister sur la reconnaissance indispensable de la spécificité de l’école maternelle qui doit rester une école à part entière et sur le rôle primordial des professeurs en préélémentaire.

Nos organisations ont principalement évoqué :

La nécessité de moyens humains supplémentaires à des enfants de 3 à 6 ans

Pour une École « de l’Épanouissement et du Langage », l’école maternelle a besoin d’un taux d’encadrement plus élevé, à savoir moins d’élèves par classe et la présence d’une ATSEM aux côtés de chaque enseignant. Les moyennes nationales ne doivent plus servir de référence car elles masquent les fortes disparités territoriales.

Lors des activités périscolaires, le taux d’encadrement est d’un adulte pour quatorze enfants. Pourquoi passe-t-il paradoxalement à un professeur pour trente sur les temps d’enseignement ? Les exigences scolaires seraient-elles moins importantes ?

La mise en place d’une limite d’accueil au regard de la taille des locaux

Les constructions de bâtiments sont soumises à des exigences liées à la sécurité. Des réglementations existent également dans toutes les salles municipales et dans les lieux publics qui affichent une limite de capacité d’accueil. Qu’en est-il pour les écoles et notamment pour les classes d’écoles maternelles ?

Le besoin d’une présence systématique du RASED dès la petite section

Dépister, repérer, accompagner, orienter, inclure… Cela ne peut se faire sans l’accompagnement du RASED (Réseau d’Aides Spécialisées aux Élèves en Difficulté), insuffisamment renforcé à ce jour. Le nombre grandissant d’enfants en inclusion lié à la fermeture des établissements spécialisés et l’importance d’un dépistage le plus précoce possible des difficultés impliquent la présence de personnels spécialisés pour accompagner les professeurs dans leur classe et leurs pratiques.

Une application rigoureuse du règlement intérieur

La bienveillance des parents vis-à-vis de l’École fait souvent défaut et « l’École de la Confiance » ne doit pas rester un simple vœu : retards abusifs, violences verbales et physiques, incriminations et diffamations…

Le SNALC et le SNE ont plaidé pour une inscription dans le règlement type des écoles maternelles (et élémentaires) du délit d’outrage à une personne chargée d’une mission de service public précisant les sanctions encourues. Le recours à la protection fonctionnelle doit être systématique quand la situation le nécessite. Nos deux organisations ont insisté sur la nécessité d’un cadrage institutionnel afin que les parents respectent les horaires de sortie (bien que cela soit déjà inscrit dans le règlement type).

L’importance de l’assiduité à l’école maternelle

Le regard porté par les parents sur l’École maternelle serait fondamentalement différent si le respect de l’assiduité, pourtant déjà inscrit lui aussi dans le règlement intérieur type, était réaffirmé. Si le bénéfice d’une assiduité des élèves est incontestable, le SNALC et le SNE ont émis une réserve malgré tout en ce qui concerne les après-midis de la petite section. Les dortoirs des écoles ne permettent pas la qualité de sommeil de la propre chambre de l’enfant (le rythme y est imposé et les gros dormeurs sont parfois réveillés pour des raisons d’organisation). Il ne serait pas incohérent de laisser la possibilité aux plus jeunes de dormir à la maison.

La nécessité de repenser le carnet de suivi des apprentissages

Le carnet de réussites ou cahier de progrès a accentué la dégradation de l’image de l’école maternelle. Ce carnet s’avère souvent ingérable tant il est chronophage et non révélateur (il ne doit laisser transparaître que les progrès et les réussites de l’élève). De plus, les exigences des IEN sont différentes : images illustrant les compétences acquises à coller, gommettes, escaliers à colorier, cases à cocher, compétences à tamponner-dater ou colorier, photos… Un cadrage national permettrait d’uniformiser les cahiers et d’éviter les exigences les plus farfelues.

Une formation importante spécifique à la maternelle

En effet, que dire de la place de l’École maternelle dans la formation des ESPE ? Que dire de la richesse des plans de formation concernant l’enseignement en préélémentaire ?

Les professeurs ont absolument besoin d’une formation spécifique dès lors qu’ils sont susceptibles d’être nommés dans une école maternelle. De la même manière, il semblerait logique pour le SNALC et le SNE qu’une formation renforcée soit également mise en place pour les IEN afin de répondre au mieux aux exigences particulières de notre école maternelle.

L’intrusion des tablettes numériques dans les mains de nos élèves

Les spécialistes de la petite enfance s’accordent sur la dangerosité d’une utilisation abusives des écrans et les effets néfastes du numérique seront désormais inscrits dans le carnet de santé.

L’école maternelle est le lieu privilégié pour répondre aux besoins des enfants de manipuler, de découvrir la matière, de développer leur motricité fine, de se socialiser, etc. La présence systématique et l’abus de l’utilisation des tablettes dans les foyers confortent le SNALC et le SNE dans leur position : les tablettes n’ont pas leur place à l’école maternelle.

​Reconsidérer la semaine de quatre jours et demi

S’il faut reconnaître que la semaine de 4 jours et demi semble parfois très localement être pertinente, soulignons malgré tout l’incohérence : une fin de la journée d’école à 15h30 ne permet aucune autre « activité » que celle de la sieste alors que l’attention des élèves redevient optimale après l’école au moment des NAP…

Le SNALC et le SNE sont favorables à une semaine de 4 jours, particulièrement pour la maternelle.

​Il est fondamental que l’École maternelle reste une École de la république, gratuite et laïque pour tous. Le SNALC et le SNE veilleront à ce que les difficultés exposées au ministère soient prises en considération pour la construction de l’école maternelle de demain.

​Christophe Gruson SNALC premier degré
Véronique Mouhot SG pédagogie SNE

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