Se débarrasser des syndicats pour mieux « manager » les personnels

Le SNALC-FGAF a pris connaissance avec effarement du projet et des propositions du ministre de la Fonction publique visant à exclure les syndicats de la quasi-totalité des instances où est examinée la carrière des personnels : mutations, promotions d’échelons, de corps et de grade, titularisations…

À quelques mois des élections professionnelles, ce projet présenté à la fonction publique le 25 mai annonce de façon décomplexée l’objectif de « suppression du paritarisme », à l’exception éventuelle des instances disciplinaires. Ces dernières seraient par ailleurs durcies avec une nouvelle sanction, l’exclusion temporaire, pour le premier groupe et le transfert de sanctions du 2e groupe vers le 1er groupe.

Le SNALC dénonce une attaque invraisemblable contre les droits des personnels. La disparition du paritarisme, garantie d’équité, de respect et de protection des droits et intérêts des agents, dans une époque où les abus et pressions ne cessent d’être dénoncés, où les conditions de travail ne cessent de se dégrader, s’ajoute aux annonces sur le renforcement du pouvoir des « managers locaux » et la fusion des académies. C’est un pas immense que s’apprête à faire le ministère vers la fin du statut du fonctionnaire.

Pour le SNALC, il ne s’agit plus de « moderniser le dialogue social » mais simplement de le supprimer et détruire le concept historique d’organisation de défense des intérêts des salariés.

Le SNALC appelle chaque agent à mesurer la gravité de ces annonces et à se mobiliser pour la protection des statuts des fonctionnaires, de leurs instances de représentation et de défense et, au-delà des questions individuelles, pour la sauvegarde de L’École républicaine.

Fusion des académies : c’est non !

Le SNALC-FGAF a pris connaissance des propos tenus par le ministre de l’Éducation nationale sur la fusion possible des académies de Bordeaux, Limoges et Poitiers lors de son déplacement en Creuse. À ce sujet, le ministre a déclaré : « nous allons accentuer la coordination » ; « nous avons plusieurs années pour accomplir ce que dit le rapport ».

Le rapport en question, communiqué aux syndicats seulement ce mois-ci alors qu’il est daté du mois de mars, préconise en effet la fusion progressive de toutes les académies se trouvant dans une même région.

Le SNALC s’oppose avec force à toute fusion d’académies. Il signale que les conséquences en termes de gestion des ressources humaines n’ont absolument pas été étudiées, l’Inspection générale y consacrant moins d’une page. Comment peut-on oser parler — comme elle l’a fait le 9 mai dernier — d’une « redynamisation des territoires » ou d’ « inventer une proximité pour l’interlocution » (sic) alors qu’il s’agit de créer d’immenses académies, de fragiliser les personnels administratifs, d’étendre les zones d’affectation des professeurs et même de revoir le périmètre de leur concours pour le premier degré ?

Le SNALC demande donc que le ministère referme immédiatement ce dossier, et conserve la carte des académies en l’état.

Syndicat enseignant