Le hashtag Pasdevague traduit un besoin d’expression

Un colloque sur la liberté d’expression dans l’Éducation nationale a été organisé à Strasbourg par le Syndicat national des lycées et collèges (SNALC). La vice-présidente, Marie-Hélène Piquemal, revient sur le hashtag Pasdevague.

Des enseignants ont exprimé leur colère avec le hashtag Pasdevague. C’était pour eux l’occasion de libérer leur parole ?

Marie-Hélène PiquemaI : « Le hashtag Pasdevague traduit un besoin d’expression. Une forte chape de plomb sur l’Éducation nationale paralyse tout le monde. Les gens s’empêchent de parler, il y a de l’autocensure. Les gens peuvent avoir peur que la situation empire, peur des représailles de la famille d’un élève, peur pour la renommée de leur établissement, peur pour leur carrière, peur d’être stigmatisés y compris par les collègues. Se syndiquer peut aider à libérer sa parole. Jean-Pierre Gavriolovic, le président du Snalc de Strasbourg, n’a peur de rien quand il s’exprime ».

Mais l’autocensure n’explique pas tout.

Marie-Hélène PiquemaI : « Il peut aussi y avoir de la résignation. Dans la vidéo de l’enseignante braquée par un élève, on peut voir un professeur presque résigné. Des enseignants peuvent aussi se dire à quoi bon faire un énième rapport, un énième signalement. La culture de l’excuse est omniprésente. On apprend aux futurs professeurs lors de leur formation que la parole de l’élève est l’égale de celle du maître, on sabote ainsi les piliers de l’autorité ».
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Les fonctionnaires : grands perdants de la future réforme des retraites

Depuis l’article que nous avons consacré à la future réforme des retraites et où nous nous inquiétions déjà du sort probable des professeurs, M. DELEVOYE, haut-commissaire aux retraites, a dévoilé une partie de la future réforme. Force est de reconnaître que nous ne nous étions pas trompés, hélas !

Dans le système actuel si désolant qu’il puisse être, les fonctionnaires savent pendant leur période d’activité quel montant de pension ils recevront car ils savent combien d’années ils doivent travailler et quand ils pourront partir en retraite s’ils veulent échapper à la décote ou s’ils peuvent espérer bénéficier d’une surcôte. De même, ils savent que c’est l’État qui leur paye non seulement leurs traitements pendant qu’ils sont en activité, mais aussi leurs pensions une fois qu’ils sont à la retraite. Actuellement, cette contribution se monte à 74% car contrairement à ce que l’État leur fait croire en « retenue pour pension civile» (actuellement une retenue de 10,56% tous les mois) les fonctionnaires ne versent rien pour «la pension civile». Ce qu’on leur «retient» reste dans le budget général de l’État.

Dans le système qui se prépare, les fonctionnaires sauront seulement quelle sera la valeur d’acquisition du point, mais ils ne sauront en aucun cas quelle valeur de service aura le point à la fin de leur carrière.

Ils ne sauront pas davantage à quel âge il serait souhaitable de partir, puisqu’ils ne pourront pas savoir quel montant de pension ils pourront toucher. En revanche, ils sauront combien on leur retient tous les mois pour la retraite des personnes qui sont à la retraite, puisque le système par répartition continuera d’exister. On devine inévitablement que le montant des pensions risque d’être réduit.
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Syndicat enseignant