Loi Blanquer : abus de confiance

Le SNALC a voté contre le projet de loi « Pour une école de la confiance », présenté ce jour au Conseil Supérieur de l’Éducation.

Une fois encore, le dialogue social du ministère est pitoyable. Une unique rencontre sans aucun document, et voilà comment on consulte les organisations représentatives sur un projet de loi qui modifie très largement notre système éducatif. Nous n’avons aucune visibilité réelle sur l’éventuelle réforme des ESPE, sur la politique d’expérimentation que cette loi vise à étendre ou encore sur la fumeuse évaluation des établissements scolaires prévue. On nous demande de signer un chèque en blanc.

Le SNALC ne peut se contenter de promesses (qui n’engagent que celles et ceux qui y croient). S’il soutient la scolarité obligatoire dès 3 ans, qui sanctuarise l’école maternelle, il rejette avec force la fusion des académies contenue dans le projet ou bien encore la généralisation d’établissements publics prenant pour modèle le fonctionnement du privé, avec fusion du premier et du second degrés.

À un moment, il va bien falloir que le double discours cesse. On ne peut inonder les médias d’une communication fondée sur les fondamentaux, l’École de la République et l’autorité du professeur d’une part, et mener une politique réelle uniquement guidée par le concept d’autonomie des établissements qui va à l’encontre même des objectifs affichés.

Le SNALC n’est pas dupe, monsieur le ministre.

Rythmes scolaires : souvenez-vous !

Lors de la mise en place de la semaine de 4,5 jours, le SNALC et le SNE s’étaient clairement positionnés contre.

En septembre 2018, 85% des écoles ont rebasculé dans la semaine de 4 jours et nous nous en félicitons.

Néanmoins, certains aujourd’hui réécrivent l’histoire, en se targuant d’avoir été les fers de lance de ce retour aux 4 jours. Le SNALC et le SNE tiennent donc à rappeler la réalité des faits.

En 2010, l’Appel de Bobigny a été signé par le SE-UNSA, le SNUIPP, le SGEN-CFDT et la CGT. Cet appel condamnait sans équivoque la semaine de 4 jours et appelait… à la semaine des 4,5 jours ! (1)

À la veille des élections professionnelles, il convient de rappeler cette donnée, afin que les collègues puissent choisir le syndicat qui a réellement porté leurs revendications.

Le SNALC et le SNE ont toujours assumé et réfléchi leurs choix, dans le seul intérêt des écoles et des collègues, et sans les instrumentaliser. Et nous n’avons pas l’intention de changer notre manière de faire du syndicalisme.

(1 ) Voir ici page 36

AESH : Un peu de courage politique !

Pour le SNALC, le projet de loi relatif à l’inclusion des élèves en situation de handicap, même s’il aurait mérité d’être travaillé, avait le courage de dénoncer une réalité trop souvent reléguée au second plan : la précarité insoutenable de nos collègues AESH obligés de prendre deux voire trois emplois pour survivre. Ces collègues en souffrance sont usés par ce système qui les infantilise et les pousse à démissionner aux portes du contrat à durée indéterminée qu’ils ont attendu au mieux 6 ans, au pire 11 ans.

Ce projet avait le courage de proposer un statut unique d’« aidants à l’inclusion scolaire », dépendant du ministère de l’Education nationale, avec une rémunération à la hauteur des missions, une véritable formation financée par l’État et avec des différenciations par diplôme en fonction des spécialisations. Il offrait également aux collègues la possibilité de passer le BAFA.
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Syndicat enseignant